📌 En bref
La phantosmie est la perception d’une odeur — souvent fumée, brûlé, pourriture ou produit chimique — en l’absence de toute source réelle. Elle diffère de la parosmie (odeur déformée) : ici, l’odeur est entièrement créée par le cerveau. Elle est bénigne dans la majorité des cas, mais certains signaux d’alarme imposent une consultation rapide.
Qu’est-ce que la phantosmie exactement ?
La phantosmie — du grec phantasma (apparition) et osmie (odorat) — est une hallucination olfactive : on perçoit une odeur sans qu’il existe de molécule odorante dans l’air ambiant. L’odeur semble parfaitement réelle au patient, ce qui la distingue d’une simple impression. Les odeurs les plus fréquemment rapportées sont la fumée de cigarette, le brûlé, le gaz, les produits chimiques et, moins souvent, des odeurs florales ou fruitées.
Ce phénomène est différent de deux autres troubles olfactifs souvent confondus avec lui. L’anosmie correspond à une perte totale de l’odorat : le patient ne sent rien du tout. La parosmie, elle, est une distorsion : une vraie odeur (café, pain grillé) est perçue comme repoussante ou chimique. Dans la phantosmie, aucun stimulus extérieur n’est à l’origine de la sensation — c’est le système olfactif central qui génère le signal de lui-même.

Les causes les plus fréquentes
La phantosmie peut avoir des origines très variées, du plus banal au plus sérieux. Dans la grande majorité des cas, elle est temporaire et bénigne.
Causes ORL et sinusiennes (les plus courantes)
Une infection ou une inflammation nasale est souvent en cause : rhinite, sinusite, rhinopharyngite. Lorsque les muqueuses nasales sont enflammées ou encombréees, les neurones olfactifs peuvent envoyer des signaux aberrants. Un nettoyage régulier des voies nasales avec un spray salin isotonique comme le Stérimar aide à réduire l’inflammation et à stabiliser les muqueuses.
Séquelles post-COVID (cause émergente depuis 2020)
Depuis la pandémie, la phantosmie est fréquemment rapportée comme séquelle du COVID-19, aux côtés de la parosmie et de l’anosmie. Le virus SARS-CoV-2 attaque les cellules de soutien des neurones olfactifs (cellules sustentaculaires), perturbant durablement le traitement des informations olfactives. Selon plusieurs études publiées en 2022-2024, entre 5 et 15 % des patients atteints de troubles olfactifs post-COVID présentent des épisodes de phantosmie. La rééducation olfactive reste le traitement de référence pour accélérer la récupération.
Migraine avec aura
La phantosmie peut être un symptôme prodromal ou d’aura migraineuse : certains patients perçoivent une odeur caractéristique quelques minutes avant le déclenchement d’une crise. Ce phénomène, appelé « aura olfactive », est plus rare que l’aura visuelle mais bien documenté dans la littérature neurologique (environ 1 à 2 % des migraineux présentent des auras olfactives d’après la Société Française d’Étude des Migraines et Céphalées).
Épilepsie du lobe temporal
Dans les formes d’épilepsie touchant le lobe temporal (où siège le cortex olfactif primaire), une crise partielle peut se manifester par une brève hallucination olfactive, souvent désagréable (brûlé, soufre). C’est l’un des signaux d’alarme qui justifie une consultation rapide si les épisodes sont brefs, répétitifs et s’accompagnent d’une brève désorientation.
Médicaments et substances
Certains médicaments peuvent induire des hallucinations olfactives : antidépresseurs, lithium, antibiotiques (métronidazole), chimiothérapie. Dans ce cas, la suppression ou l’ajustement du traitement résout généralement le problème — à faire uniquement avec l’avis du médecin prescripteur.
Autres causes
Des troubles neurologiques (tumeur cérébrale, sclérose en plaques, maladie de Parkinson à stade précoce), une grossesse (hormones amplifiant la sensibilité olfactive), une carence en zinc ou un traumatisme crânien peuvent également être en cause — mais ces contextes représentent une minorité des cas.

Résumé des causes par fréquence
| Cause | Fréquence | Odeurs typiques | Résolution |
|---|---|---|---|
| Sinusite / rhinite | ⭐⭐⭐⭐ Très fréquente | Brûlé, chimique | Traiter l’infection + lavage nasal |
| Séquelles COVID-19 | ⭐⭐⭐ Fréquente | Fumée, pourriture | Rééducation olfactive, patience |
| Migraine avec aura | ⭐⭐ Modérée | Variable | Traitement de fond migraine |
| Médicaments | ⭐⭐ Modérée | Chimique, métallique | Adaptation du traitement |
| Épilepsie temporale | ⭐ Rare | Soufre, brûlé bref | Consultation neurologique urgente |
| Tumeur / neurologie | ⭐ Très rare | Variable | IRM cérébrale |
Que faire face à une phantosmie ?
1. Nettoyer les voies nasales
Avant toute chose, éliminer une cause locale (sinusite, rhinite, mucus encombré) est la première étape. Un lavage nasal quotidien à l’eau saline isotonique — via un spray comme le Physiomer ou le Stérimar — élimine les agents irritants, réduit l’inflammation des muqueuses et peut, dans les cas liés à une rhinite ou une sinusite légère, faire disparaître les hallucinations olfactives en quelques jours. C’est non invasif et sans contre-indication.
2. Pratiquer la rééducation olfactive
Si la phantosmie s’inscrit dans un contexte de troubles olfactifs post-COVID ou post-infectieux, la rééducation olfactive est le traitement validé par les ORL et les neurologues. Elle consiste à sentir 4 odeurs références (rose, eucalyptus, citron, clou de girofle) deux fois par jour, 20 secondes chacune, pendant 3 à 6 mois minimum. Les études montrent une amélioration chez 60 à 80 % des patients après 4 mois de pratique régulière (HAS, 2023).
3. Consulter un médecin en cas de signal d’alarme
La phantosmie isolée, brève (quelques secondes à minutes) et liée à un contexte infectieux récent est rarement grave. En revanche, certains signaux doivent conduire à une consultation médicale rapide :
⚠️ Consulter rapidement si :
- Les épisodes sont très brefs (< 1 min), répétitifs et accompagnés d’une légère confusion ou d’un geste automatique inconscient → suspicion d’épilepsie temporale
- La phantosmie s’accompagne de céphalées sévères, de troubles visuels ou de pertes d’équilibre
- Les épisodes durent depuis plus de 3 mois sans amélioration
- Il existe un contexte de traumatisme crânien récent
- Vous prenez un nouveau médicament depuis peu (signaler au médecin prescripteur)
4. Les traitements médicaux disponibles
Selon la cause identifiée, le médecin peut prescrire : un traitement antibiotique ou corticoïde nasal (sinusite bactérienne), un ajustement du traitement médicamenteux en cause, ou, dans les formes d’origine neurologique confirmées, un traitement antiépileptique de faible dose. Dans certains cas réfractaires et persistants, une anesthésie locale de l’épithélium olfactif (lidocaïne intranasale) a montré des résultats positifs dans des études pilotes.
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Questions fréquentes sur la phantosmie
La phantosmie est-elle dangereuse ?
Dans la grande majorité des cas, la phantosmie est bénigne et temporaire, liée à une infection ORL ou aux séquelles du COVID. Elle devient préoccupante si les épisodes sont très brefs, répétitifs et accompagnés d’une confusion passagère — signe possible d’épilepsie temporale qui nécessite un bilan neurologique.
Combien de temps dure une phantosmie ?
La durée dépend entièrement de la cause. Une phantosmie liée à une sinusite disparaît en général en même temps que l’infection, soit en 1 à 3 semaines. Dans un contexte post-COVID, elle peut persister plusieurs mois mais s’améliore souvent progressivement, surtout avec la rééducation olfactive. En l’absence de traitement de la cause, les épisodes peuvent durer des années.
Quelle est la différence entre phantosmie et parosmie ?
La parosmie est une déformation d’une odeur réelle (le café sent le plastique brûlé). La phantosmie est une odeur perçue sans aucune source dans l’environnement — elle est entièrement générée par le cerveau. Les deux peuvent coexister, notamment dans les séquelles post-COVID.
Le lavage de nez aide-t-il contre la phantosmie ?
Oui, dans les cas où la cause est locale (sinusite, rhinite, inflammation des muqueuses). Le lavage nasal à l’eau saline isotonique réduit l’inflammation, élimine les agents irritants et stabilise l’épithélium olfactif. Il n’a pas d’effet direct sur les phantosmies d’origine neurologique ou migraineuse, mais il améliore le confort nasal global et soutient la récupération.
Quel médecin consulter pour une phantosmie ?
En première intention, un médecin généraliste peut orienter le diagnostic. Si la cause semble ORL (sinusite, rhinite chronique), un ORL est le spécialiste adapté. Si la phantosmie survient en contexte migraineux ou si une origine neurologique est suspectée, une consultation neurologique s’impose, avec éventuellement une IRM cérébrale.