En bref — Rhinite Estivale
- La rhinite estivale (ou rhume des foins) est une allergie aux pollens d’été : graminées (pic juin-juillet), plantain, armoise et ambroisie (août-septembre).
- Symptômes clés : nez qui coule, éternuements en salve, yeux qui piquent, congestion nasale — pendant 2 à 4 mois.
- Traitement : lavage nasal isotonique + antihistaminiques 2e génération ± corticoïdes nasaux, sur prescription médicale.
- Produits recommandés : Stérimar Eau de Mer Isotonique · Physiomer Jet Normal
Qu’est-ce que la rhinite estivale ?
La rhinite estivale — communément appelée rhume des foins — est une rhinite allergique saisonnière déclenchée par les pollens de plantes qui pollinisent entre mai et septembre. Contrairement à la rhinite printanière (bouleau, frêne, cyprès), elle touche en priorité les personnes sensibles aux graminées, au plantain, à l’armoise et à l’ambroisie.
En France, on estime que 20 à 30 % de la population souffre de rhinite allergique, et les pollens de graminées en sont la cause principale (ANSES 2021). La rhinite estivale est donc l’une des maladies chroniques les plus fréquentes chez l’adulte comme chez l’enfant.
Bon à savoir : le terme « rhume des foins » vient de l’époque où la récolte du foin (juin-juillet) coïncidait avec les pics de pollinisation des graminées. Aujourd’hui, la saison allergique estivale s’étend de mai à septembre selon les régions et les plantes.

Rhinite printanière vs rhinite estivale : les différences clés
| Critère | Rhinite printanière | Rhinite estivale |
|---|---|---|
| Saison | Février – mai | Mai – septembre |
| Allergènes principaux | Bouleau, frêne, cyprès, aulne | Graminées, plantain, armoise, ambroisie |
| Pic de pollinisation | Mars – avril | Juin – août |
| Durée des symptômes | 4 à 8 semaines | 8 à 16 semaines (selon plantes) |
| Populations à risque | Zones forestières (nord/est) | Zones rurales + vallée du Rhône |
| Risque asthme associé | 20 – 30 % | 20 – 40 % (HAS 2020) |
Calendrier des pollens d’été en France (2026)
La saison de la rhinite estivale ne se résume pas à un seul pollen. Plusieurs vagues se succèdent de mai à septembre :
| Plante | Pic national | Régions les plus touchées | Niveau risque |
|---|---|---|---|
| Graminées | Mai – juillet | Toute la France | ⚠️ Très élevé |
| Plantain | Avril – août | Nord, Île-de-France, Rhône-Alpes | 🟡 Modéré |
| Armoise | Juillet – septembre | Méditerranée, Rhône-Alpes, Bretagne | 🟡 Modéré à élevé |
| Ambroisie | Août – septembre | Auvergne-Rhône-Alpes (très concentrée) | 🔴 Très élevé |
| Chénopodes / Orties | Juin – octobre | Milieux urbains, bords de route | 🟡 Faible à modéré |
Source : RNSA (Réseau National de Surveillance Aérobiologique) 2026. Consultez pollens.fr pour les alertes en temps réel dans votre département.
Symptômes de la rhinite estivale
Les symptômes de la rhinite estivale sont identiques à ceux de toute rhinite allergique, mais ils surviennent systématiquement pendant la saison pollinique estivale et disparaissent à l’automne :
- ✓ Rhinorrhée aqueuse : nez qui coule avec un écoulement clair et abondant
- ✓ Éternuements en salve : souvent le matin au réveil, en rafales de 5 à 10
- ✓ Congestion nasale : nez bouché, parfois bilatéral, surtout la nuit
- ✓ Prurit nasal : démangeaisons dans le nez, le palais ou la gorge
- ✓ Conjonctivite allergique : yeux rouges, qui piquent, qui larmoient (chez 60 à 70 % des patients)
- ✓ Fatigue chronique : souvent sous-estimée, liée à la réaction inflammatoire et aux troubles du sommeil
Selon la HAS (2020), 20 à 40 % des patients atteints de rhinite allergique développent un asthme dans les années suivantes. Si vous ressentez une gêne respiratoire, une toux sèche nocturne ou un sifflement à l’expiration, consultez votre médecin sans attendre. Rhinite et asthme sont deux manifestations d’une même maladie des voies aériennes — traiter la rhinite protège les bronches (concept « une seule voie aérienne », ARIA 2019).

Traitements de la rhinite estivale
La prise en charge repose sur quatre piliers complémentaires, à combiner selon la sévérité des symptômes :
1. Mesures d’éviction des pollens
- Évitez de sortir entre 5h et 10h du matin (pic de dispersion des pollens)
- Gardez les fenêtres fermées par temps sec et venteux (ouvrez en fin de journée ou après la pluie)
- Portez des lunettes de soleil enveloppantes pour protéger les conjonctives
- Rincez-vous les cheveux le soir (les pollens s’y accumulent en journée)
- Consultez les alertes pollens sur pollens.fr ou l’application Alertes Pollens
2. Lavage nasal isotonique (mesure de base)
Le lavage de nez avec une solution isotonique est une mesure physique, sans médicament, recommandée en première intention. Il élimine mécaniquement les pollens déposés sur la muqueuse nasale, réduit l’inflammation locale et améliore l’efficacité des sprays corticoïdes appliqués après.
Une méta-analyse Cochrane (2018) portant sur 8 essais randomisés a montré que le lavage nasal au sérum isotonique réduit les symptômes de rhinite allergique de 23 à 35 % lorsqu’il est effectué 2 fois par jour. Conseil pratique : lavez-vous le nez dès votre retour à l’intérieur pour éliminer les pollens avant qu’ils ne déclenchent la cascade inflammatoire.
Produits recommandés : Stérimar Eau de Mer Isotonique (spray pratique à emporter) ou Physiomer Jet Normal (lavage en profondeur à domicile).
3. Antihistaminiques de 2e génération
Les antihistaminiques H1 de 2e génération (cétirizine, loratadine, desloratadine, lévocétirizine) sont le traitement médicamenteux de première ligne. Disponibles sans ordonnance, ils agissent en 30 à 60 minutes et durent 24 heures. Ils réduisent les éternuements, le prurit et la rhinorrhée, mais sont moins efficaces sur la congestion nasale.
4. Corticoïdes nasaux (formes modérées à sévères)
Pour les rhinites estivales modérées à sévères, les corticoïdes nasaux en spray (fluticasone, mométasone, budésonide) sont les médicaments les plus efficaces. Ils doivent être utilisés de façon continue sur toute la saison — leur pleine efficacité s’installe en 1 à 2 semaines. Sur prescription médicale.
5. Désensibilisation spécifique (traitement de fond)
L’immunothérapie allergénique est le seul traitement capable de modifier durablement la réponse immunitaire. Indiquée en cas de rhinite mal contrôlée, elle se réalise sur 3 à 5 ans (injections sous-cutanées ou comprimés sublinguaux). Efficacité : réduction de 30 à 50 % des symptômes avec un effet persistant après arrêt (ARIA 2019). À discuter avec un allergologue.
Diagnostic : comment confirmer une rhinite estivale ?
Le diagnostic est principalement clinique : si vos symptômes nasaux et oculaires surviennent chaque été entre mai et septembre et disparaissent à l’automne, une rhinite estivale est hautement probable. Pour confirmer et identifier les allergènes précis :
- Tests cutanés (prick tests) : lecture en 15 minutes, gold standard pour identifier les pollens en cause
- Dosage des IgE spécifiques (prise de sang) : utile en cas de contre-indication aux tests cutanés (grossesse, eczéma étendu)
- Rhinomanométrie : mesure du débit nasal en cas de doute sur une anomalie structurelle associée

Questions fréquentes sur la rhinite estivale
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Le lavage nasal quotidien est la mesure la plus simple pour réduire l’impact des pollens. Commencez avant le pic de la saison.