Nourrisson avec rhinopharyngite, nez bouché

Rhinopharyngite bébé : durée, symptômes et que faire

En bref

  • La rhinopharyngite est une inflammation du nasopharynx (nez + gorge) d’origine virale, très fréquente chez les bébés.
  • Durée habituelle : 7 à 14 jours. Elle guérit seule dans la grande majorité des cas.
  • Traitement principal : lavage nasal au sérum physiologique, 3 à 4 fois par jour. Pas d’antibiotiques (cause virale).
  • Signes d’alarme nécessitant une consultation rapide : fièvre avant 3 mois, refus d’alimentation, difficultés à respirer, pleurs inconsolables.
  • Pic de fréquence : rentrée de septembre jusqu’en mars (collectivités, crèche, école maternelle).

Qu’est-ce que la rhinopharyngite chez le bébé ?

La rhinopharyngite est l’inflammation simultanée du rhinopharynx, c’est-à-dire la muqueuse du nez (rhino-) et de l’arrière-gorge (-pharyngite). On parle aussi couramment de rhume du nourrisson.

C’est la maladie infectieuse la plus fréquente chez l’enfant : un bébé placé en collectivité (crèche, halte-garderie) peut présenter 6 à 10 épisodes par an, surtout entre l’âge de 6 mois et 3 ans. Avant 6 mois, la protection par les anticorps maternels est encore partielle mais réelle.

Les virus responsables sont nombreux : rhinovirus (50 % des cas), virus respiratoire syncytial (VRS), adénovirus, coronavirus, parainfluenza. Chaque épisode est dû à un agent différent, ce qui explique pourquoi les bébés s’enrhument si souvent sans jamais acquérir d’immunité durable.

La transmission est aérienne (gouttelettes projetées lors de la toux ou des éternuements) et par contact direct (mains souillées portées au visage). L’incubation est courte : 1 à 3 jours.

Symptômes de la rhinopharyngite chez le nourrisson

Les symptômes varient selon l’âge et le virus en cause. Voici les signes les plus courants :

  • Obstruction nasale : le bébé respire bruyamment, ronfle, a du mal à téter car il ne peut pas respirer par la bouche en même temps.
  • Sécrétions nasales : d’abord claires et aqueuses (1 à 2 jours), puis épaisses et colorées (jaune ou vert) les jours suivants. Cette coloration est normale et ne signifie pas une infection bactérienne.
  • Fièvre modérée : 38 à 38,5 °C les 2 à 3 premiers jours. Une fièvre plus haute ou prolongée doit alerter.
  • Irritabilité : le bébé est agité, dort mal, pleure plus que d’habitude.
  • Difficultés d’alimentation : l’obstruction nasale gêne la tétée. Normal si le bébé prend au moins 50 % de ses biberons habituels.
  • Toux : liée au passage des sécrétions dans la gorge. Une toux sifflante (sifflement expiratoire) doit faire consulter rapidement.

Note YMYL : ces informations sont données à titre indicatif. Tout doute sur l’état de votre bébé justifie une consultation médicale rapide.

Durée et évolution habituelle

Une rhinopharyngite dure en général 7 à 14 jours, avec une évolution en deux temps :

  • J1-J3 : phase aiguë. Fièvre, congestion nasale, sécrétions abondantes et claires.
  • J4-J10 : phase de résolution. La fièvre baisse, les sécrétions s’épaississent et se colorent, puis diminuent progressivement.

Les sécrétions jaunes ou vertes vers J4-J5 ne sont pas un signe de surinfection bactérienne : elles reflètent simplement la réaction normale du système immunitaire (accumulation de polynucléaires dans le mucus). Des antibiotiques ne sont jamais justifiés pour une rhinopharyngite non compliquée.

Chez certains nourrissons, la guérison peut prendre jusqu’à 3 semaines, notamment chez les moins de 3 mois ou chez les bébés souffrant d’atopie.

Traitement : le lavage nasal en premier

Le traitement de la rhinopharyngite repose essentiellement sur le lavage nasal. Chez le bébé, c’est le geste le plus efficace : les nourrissons respirent exclusivement par le nez jusqu’à l’âge de 3 à 4 mois, et ne savent pas se moucher seuls avant 2 à 3 ans.

Protocole de lavage nasal recommandé

  1. Allonger le bébé sur le dos (ou le tenir en position semi-inclinée pour un nourrisson).
  2. Incliner doucement la tête sur le côté.
  3. Instiller une dose de sérum physiologique en unidose (0,9 % NaCl) dans la narine supérieure : la solution ressort par la narine inférieure en entraînant les sécrétions.
  4. Répéter de l’autre côté.
  5. Utiliser un mouche-bébé (manuel ou électrique) pour aspirer les sécrétions restantes si besoin.
  6. Répéter 3 à 4 fois par jour, systématiquement avant chaque tétée et avant le coucher.

Autres mesures de confort :

  • Paracétamol : uniquement si la fièvre dépasse 38,5 °C et gêne le bébé (irritabilité, refus de manger), à la dose adaptée au poids. Ne pas utiliser systématiquement.
  • Position : surélever légèrement la tête du matelas (5 à 10 cm sous le matelas, pas sous les pieds) pour faciliter l’écoulement des sécrétions.
  • Aération de la chambre : 15 minutes par jour, température idéale 18-20 °C.
  • Hydratation : proposer à boire fréquemment (biberons plus petits mais plus fréquents si le bébé a du mal à téter).

Ce qu’il ne faut pas faire

  • Pas d’antibiotiques sans prescription (aucune efficacité sur les virus).
  • Pas de vasoconstricteurs nasaux (Neosynephrine, Derinox) : contre-indiqués avant 15 ans.
  • Pas d’huiles essentielles chez les moins de 3 ans (risque neurologique et respiratoire grave).
  • Pas d’aspirine avant 16 ans (risque de syndrome de Reye).

Quand consulter un médecin ?

Consultez rapidement si votre bébé présente un ou plusieurs des signes suivants :

Signes d’alarme : consultez sans attendre

  • Bébé de moins de 3 mois avec fièvre supérieure à 38 °C
  • Fièvre supérieure à 38,5 °C persistant plus de 5 jours
  • Refus d’alimentation : le bébé prend moins de 50 % de ses biberons habituels
  • Difficultés respiratoires : battement des ailes du nez, creusement entre les côtes (tirage intercostal), fréquence respiratoire > 60/min au repos
  • Sifflement expiratoire (sifflement quand le bébé souffle l’air) : possible signe de bronchiolite
  • Pleurs inconsolables ou grande irritabilité
  • Tiraillement d’oreille, refus de s’allonger, fièvre qui remonte après être tombée : possible otite
  • Fontanelle bombante : signe d’alerte neurologique
  • Altération brutale de l’état général : bébé très mou, pâleur, marbrures

En cas de doute, appelez votre pédiatre ou le 15 (SAMU). Ne prenez pas de risque avec un nourrisson.

Prévention et contagiosité

La rhinopharyngite est hautement contagieuse. La période de contagion maximale est les 2 à 3 premiers jours des symptômes, mais elle peut durer jusqu’à une semaine.

Les mesures de prévention efficaces :

  • Lavage des mains fréquent (avant de toucher le bébé, après les changes, après s’être mouché) : c’est la mesure la plus efficace, prouvée par de nombreuses études.
  • Éviter le contact avec des personnes enrhumées dans les premières semaines de vie.
  • Aération quotidienne du logement pour renouveler l’air.
  • Ne pas partager les ustensiles, tétines, jouets portés à la bouche.
  • Allaitement maternel : les anticorps transmis par le lait maternel réduisent la fréquence et la sévérité des épisodes infectieux.

Il n’existe pas de vaccin contre la rhinopharyngite commune, car les virus responsables sont très nombreux et très variables. En revanche, le vaccin contre la grippe est recommandé chez les enfants à risque dès 6 mois pour éviter une complication.

Questions fréquentes sur la rhinopharyngite du nourrisson

Les sécrétions jaunes ou vertes signifient-elles une infection bactérienne ?

Non. Les sécrétions colorées apparaissent normalement à partir du 3e ou 4e jour de rhinopharyngite. Elles reflètent la réaction du système immunitaire (accumulation de globules blancs dans le mucus) et non une surinfection bactérienne. Des antibiotiques ne sont pas justifiés sur ce seul critère. En revanche, si la fièvre remonte après être tombée, une consultation s’impose.

Combien de fois par an est-ce normal qu’un bébé en crèche attrape une rhinopharyngite ?

Un bébé en collectivité peut présenter 6 à 10 rhinopharyngites par an, particulièrement entre octobre et mars. C’est dans la norme et ne traduit pas une immunodéficience. Le système immunitaire se construit et s’entraîne à chaque contact viral. Si les épisodes sont très fréquents (plus de 10/an) et compliqués (otites répétées, bronchites), un bilan immunitaire peut être discuté avec le pédiatre.

Peut-on envoyer bébé en crèche pendant une rhinopharyngite ?

Il n’y a pas d’éviction obligatoire pour une rhinopharyngite simple. Cependant, il est recommandé de garder le bébé à la maison pendant la phase fébrile (fièvre supérieure à 38 °C) et lors des premiers jours très contagieux. Les crèches ont souvent leur propre règlement intérieur sur ce point. Si l’état général est bon et la fièvre absente, le retour en collectivité est possible.

La rhinopharyngite peut-elle entraîner une otite ?

Oui, c’est la complication la plus fréquente. La trompe d’Eustache (qui relie le nasopharynx à l’oreille moyenne) est courte et horizontale chez le nourrisson, favorisant la migration des bactéries vers l’oreille. Une otite moyenne aiguë survient dans 10 à 15 % des rhinopharyngites. Signes évocateurs : fièvre qui revient après avoir baissé, pleurs intenses (surtout la nuit), enfant qui se touche ou se tire l’oreille. Consultez votre pédiatre si vous observez ces signes.

Comment différencier rhinopharyngite et bronchiolite ?

La bronchiolite touche les bronchioles (petites voies aériennes des poumons) et se traduit par un sifflement lors de l’expiration (sibilances), une accélération de la fréquence respiratoire et parfois un creusement entre les côtes. Elle fait souvent suite à une rhinopharyngite et est due principalement au VRS (virus respiratoire syncytial). Si votre bébé siffle en respirant ou respire plus vite que d’habitude, consultez votre pédiatre : la bronchiolite peut nécessiter une kinésithérapie respiratoire et, dans les cas sévères, une hospitalisation.

Quel sérum physiologique utiliser pour le lavage nasal du bébé ?

Les unidoses de sérum physiologique à 0,9 % (NaCl isotonique) sont recommandées. Elles sont stériles, pratiques et adaptées aux nourrissons. Les sprays nasaux (Physiomer, Stérimar) sont pratiques mais leur pression peut être trop forte pour les très jeunes nourrissons (moins de 3 mois) : préférez les unidoses pour les bébés de moins de 3 mois. Un lavage au sérum physiologique maison est possible (eau bouillie + sel de cuisine), mais le risque de contamination est plus élevé : les unidoses en pharmacie sont préférables.

Le lavage nasal, traitement central de la rhinopharyngite bébé

Apprenez la bonne technique pour déboucher le nez de votre nourrisson en douceur.

Voir le guide lavage nasal bébé