La pressurisation de la cabine et l’air extrêmement sec (humidité < 20 %) assèchent et gonflent les muqueuses nasales. Les personnes enrhumées, avec une sinusite ou une allergie sont les plus touchées. Le remède le plus efficace à bord : un spray nasal isotonique comme le Stérimar Isotonique 30 min avant le décollage et l’atterrissage, combiné à la déglutition et au bâillement. En cas de sinusite active, consultez votre médecin avant de prendre l’avion.
Pourquoi le nez se bouche dans l’avion ?
L’avion expose vos voies nasales à deux contraintes physiologiques majeures :
- La dépressurisation de la cabine : en altitude de croisière, la pression intérieure correspond environ à celle d’une altitude de 1 800 à 2 400 mètres. Cette variation de pression crée une différence entre l’air extérieur et l’air contenu dans vos cavités sinusales et votre oreille moyenne. Si vos trompes d’Eustache ou vos ostiums sinusaux sont obstrués (inflammation, mucus), la pression ne peut pas s’équilibrer : résultat, douleur, sensation de plénitude et congestion.
- L’air ultra-sec en cabine : l’humidité relative de l’air en cabine oscille entre 10 et 20 %, soit bien en dessous des 40-60 % recommandés. Cet air déshydrate les muqueuses nasales, réduit la clairance mucociliaire (le système d’auto-nettoyage de votre nez) et favorise la congestion.
Ce phénomène s’appelle le barotraumatisme sinusien (ou sinusite barotraumatique) lorsqu’il devient douloureux. La Société Française d’ORL (SFORL) note que les sinusites frontales et maxillaires sont les plus souvent impliquées, en raison de la finesse de leurs ostiums.
Qui est le plus à risque ?
Tout le monde peut ressentir un inconfort nasal en avion, mais certaines situations aggravent nettement les symptômes :
- Rhume ou rhinopharyngite en cours : inflammation des muqueuses + mucus qui bloque l’équilibrage de pression.
- Sinusite aiguë ou chronique : les sinus sont déjà remplis de mucus, la pression ne peut pas se répartir.
- Rhinite allergique : pollinisation printanière ou allergies aux acariens gonflent les muqueuses à l’arrière des voies nasales.
- Déviation de la cloison nasale : obstruction anatomique qui gêne déjà la ventilation sinusienne.
- Polypes nasaux : même principe obstructif.
- Nourrissons et jeunes enfants : leurs voies nasales sont proportionnellement plus étroites et leur réflexe de déglutition moins actif.
Si vous avez une sinusite aiguë diagnostiquée, reportez votre vol si possible. La douleur peut être intense et des complications (barotraumatisme sévère) sont possibles. Consultez votre médecin ou ORL avant d’embarquer.
Remèdes immédiats à bord de l’avion
1. Spray nasal isotonique : le réflexe n°1

L’eau de mer isotonique réhydrate les muqueuses, fluidifie le mucus et facilite la ventilation des sinus. Utilisez un spray Stérimar Isotonique ou équivalent :
- 30 minutes avant le décollage
- Dès que vous ressentez une congestion pendant le vol
- 30 minutes avant l’atterrissage (phase critique de remontée en pression)
Note pratique : les sprays nasaux de ≤ 100 ml passent en bagage cabine (règle liquides 3-1-1 européenne). Privilégiez un format mini-voyage pour faciliter le contrôle de sécurité.
2. La manœuvre de Valsalva (et ses alternatives)
La manœuvre de Valsalva consiste à pincer le nez, fermer la bouche et souffler doucement pour forcer l’ouverture des trompes d’Eustache. Elle aide à équilibrer la pression, mais elle est déconseillée en cas de rhume car elle peut propulser des bactéries vers l’oreille moyenne.
Alternatives plus douces :
- Bâillement : active les muscles qui ouvrent les trompes d’Eustache.
- Déglutition fréquente : mâcher un chewing-gum ou sucer un bonbon stimule la déglutition.
- Manœuvre de Toynbee : pincer le nez et avaler — plus douce que Valsalva.
3. Décongestionnant nasal (sur avis médical)
En cas de congestion sévère due à un rhume actif, un spray décongestionnant (xylométazoline ou oxymétazoline) peut être utilisé ponctuellement, mais uniquement 3 jours maximum selon l’ANSM pour éviter l’effet rebond. Contre-indiqué chez les enfants < 6 ans, les femmes enceintes et en cas d’HTA. Consultez un médecin ou pharmacien avant le voyage.
4. S’hydrater régulièrement
Boire de l’eau régulièrement (environ 250 ml/heure) compense la déshydratation liée à l’air sec de la cabine et maintient l’hydratation des muqueuses. Évitez l’alcool et le café qui aggravent la déshydratation.
Prévention : préparer son nez avant le vol
La meilleure stratégie est préventive :
- Lavage de nez la veille et le matin du vol : un lavage nasal complet au Physiomer Spray Nasal ou sérum physiologique nettoie les cavités et améliore la ventilation sinusienne.
- Traiter l’allergie en amont : si vous êtes allergique aux pollens ou aux acariens, prenez votre antihistaminique le matin du vol selon votre traitement habituel.
- Éviter les vols si sinusite aiguë (cf. ci-dessus).
- Dormir suffisamment avant le voyage : la fatigue diminue les défenses immunitaires et aggrave la réactivité des muqueuses.
- Emporter un spray nasal en bagage cabine : format ≤ 100 ml dans la poche liquides transparente.
Les ORL recommandent d’effectuer un lavage de nez complet 1 à 2 heures avant l’embarquement pour maximiser la perméabilité des voies nasales au moment de la montée en altitude.
Nez bouché en avion chez le bébé et l’enfant

Les bébés et jeunes enfants souffrent davantage en avion pour plusieurs raisons :
- Voies nasales plus étroites : un même degré d’inflammation bloque proportionnellement plus leur respiration.
- Incapacité à réaliser des manœuvres d’équilibrage : ils ne peuvent pas bâiller ou déglutir à la demande.
- Trompes d’Eustache horizontales : plus exposées aux variations de pression et aux otites.
Ce que vous pouvez faire pour bébé en avion :
- Effectuer un lavage de nez au sérum physiologique avant l’embarquement (format unidose pratique en voyage).
- Donner le sein ou le biberon au décollage et à l’atterrissage : la succion active la déglutition qui équilibre la pression dans les oreilles ET les sinus.
- Pour les nourrissons < 6 mois, consultez votre pédiatre avant le vol si l’enfant est enrhumé.
- Éviter les vols si bébé a une otite en cours : la variation de pression peut aggraver la douleur et les lésions.
Quand éviter l’avion pour raison nasale ?
Selon la SFORL et les recommandations de médecine du voyage, il est conseillé de reporter ou d’éviter le vol dans les situations suivantes :
- Sinusite aiguë bactérienne (douleur intense, fièvre, écoulement purulent) : risque de barotraumatisme sévère et de dissémination infectieuse.
- Chirurgie des sinus ou du nez récente (< 3 semaines) : les cavités ne sont pas encore stabilisées.
- Pneumothorax non traité ou autre contre-indication pneumatique (domaine médical — votre médecin vous informera).
- Otite moyenne aiguë avec perforation (surtout chez l’enfant).
Un rhume banal sans fièvre ni sinusite associée ne contre-indique pas formellement le vol, mais vous serez plus inconfortable. Anticipez avec spray nasal et déglutition fréquente.
FAQ — Nez bouché dans l’avion
Peut-on utiliser un spray décongestionnant dans l’avion ?
Oui, un spray décongestionnant (xylométazoline, oxymétazoline) peut être utilisé ponctuellement pour un vol si vous avez un rhume actif, mais uniquement sur courte durée (3 jours maximum selon l’ANSM). Il est contre-indiqué chez les enfants de moins de 6 ans, les femmes enceintes et les personnes souffrant d’hypertension artérielle. Privilégiez d’abord le spray isotonique, plus sûr et sans effet rebond.
Mon nez est complètement bouché pendant le vol, que faire en urgence ?
En cas de congestion totale avec douleur sinusienne : appliquez un spray nasal isotonique, bâillez plusieurs fois de suite, essayez la manœuvre de Toynbee (pincer le nez et avaler doucement). Si la douleur est intense, prévenez l’équipage — certains avions disposent de décongestionnants en trousse de secours. Après l’atterrissage, si la douleur persiste plus de 24 heures, consultez un médecin pour exclure un barotraumatisme sinusien.
Comment passer les contrôles de sécurité avec un spray nasal ?
Les sprays nasaux sont des liquides soumis à la règle des 100 ml en bagage cabine (réglementation EASA/UE et IATA). Placez votre spray dans la poche de plastique transparente 1 litre avec vos autres liquides (100 ml max par contenant). Les sprays de 15 à 30 ml passent sans aucun problème. Le format 100 ml standard Stérimar ou Physiomer peut également passer s’il est à moitié plein — vérifiez le volume indiqué sur l’emballage.
Peut-on voler avec une sinusite chronique ?
La sinusite chronique stable (sans poussée aiguë) n’est généralement pas une contre-indication au vol. En revanche, préparez votre nez : lavage nasal complet avant le vol, spray isotonique en cabine, antihistaminique si allergie associée. En période de poussée (douleur, fièvre, écoulement purulent), consultez votre ORL ou médecin avant d’embarquer — ils pourront vous prescrire un traitement adapté pour rendre le vol supportable ou recommander de reporter.
Pourquoi les oreilles et le nez se bouchent-ils ensemble dans l’avion ?
Les sinus nasaux et l’oreille moyenne sont reliés par les trompes d’Eustache. Lors des variations de pression en cabine, si les trompes ou les ostiums sinusiens sont partiellement bloqués (mucus, inflammation), la pression ne s’équilibre pas correctement de part et d’autre du tympan et des parois sinusales — d’où la sensation simultanée d’oreilles et de nez « bouchés ». Déglutir, bâiller ou utiliser un spray nasal aide à ouvrir ces conduits et soulage les deux symptômes ensemble.
Le lavage de nez est-il utile après l’atterrissage ?
Oui, particulièrement si vous avez voyagé dans des zones à forte charge allergénique ou en période pollinique. L’air de la cabine recircule avec des filtres HEPA efficaces, mais les escales et les terminaux aéroportuaires peuvent exposer à des allergènes. Un lavage de nez au sérum physiologique dans les heures suivant l’arrivée élimine les résidus de mucus desséché accumulés pendant le vol et réhydrate les muqueuses. C’est aussi une bonne pratique pour prévenir le rhume du voyageur.
Un lavage de nez complet avant le vol réduit la congestion et rend le voyage plus confortable. Notre guide complet vous explique la technique étape par étape.
Voir le guide lavage de nez adulte →