- Les antihistaminiques oraux (cétirizine, loratadine, bilastine) sont le traitement de 1ère intention
- Les corticoïdes nasaux (fluticasone, mométasone) sont plus efficaces sur la congestion et la rhinorrhée
- Le lavage nasal au sérum physiologique est recommandé en adjuvant par la HAS (élimination des pollens)
- La désensibilisation (immunothérapie SLIT ou SCIT) est le seul traitement curatif — à envisager dès 5 ans
- Achat recommandé : Spray nasal Physiomer pour le lavage quotidien
L’allergie aux graminées (pollinose) est la plus fréquente des allergies saisonnières en France : elle touche 15 à 20 % de la population et culmine chaque année entre mai et juillet, avec un pic en juin (SPLF, 2022). La bonne nouvelle : il existe aujourd’hui plusieurs lignes de traitement efficaces, allant des antihistaminiques en vente libre jusqu’à la désensibilisation remboursée par la Sécurité sociale.
Ce guide vous présente, étape par étape, les traitements recommandés par les sociétés savantes françaises (SPLF, HAS, ARIA) et les gestes simples pour soulager les symptômes au quotidien.


Pourquoi les graminées provoquent-elles une allergie ?
Les graminées (dactyle, fléole des prés, ivraie, flouve, avoine sauvage…) libèrent chaque printemps des millions de grains de pollen microscopiques. Chez les personnes sensibilisées, le système immunitaire identifie ces protéines — principalement les allergènes Phl p 1, Phl p 5 et Phl p 7 de la fléole (Phleum pratense) — comme dangereuses et produit des anticorps IgE spécifiques.
Lors d’une nouvelle exposition, ces IgE déclenchent la libération d’histamine et d’autres médiateurs pro-inflammatoires, responsables des symptômes classiques : rhinite, conjonctivite, toux, urticaire et, dans les cas sévères, asthme.
Les 4 grandes lignes de traitement
1. Antihistaminiques oraux — traitement de 1ère intention
Les antihistaminiques H1 de 2e génération sont recommandés en première intention par les recommandations ARIA 2019 (EAACI/ARIA). Ils bloquent les récepteurs à l’histamine sans les effets sédatifs des anciennes molécules.
- Cétirizine (Zyrtec®, génériques) — 10 mg/j, adulte + enfant ≥ 6 ans
- Loratadine (Clarityne®, génériques) — 10 mg/j, moins sédatif
- Bilastine (Bilaska®, Inorial®) — 20 mg/j, non sédatif, pas d’interaction pamplemousse
- Lévocétirizine (Xyzall®) — 5 mg/j, isomère actif de la cétirizine
- Desloratadine (Aerius®) — 5 mg/j, métabolite actif de la loratadine
À noter : la bilastine (Inorial®) n’est pas remboursée ; les autres sont remboursées sur ordonnance à 30–65 %.
L’efficacité est comparable entre les molécules. Le choix dépend de la tolérance individuelle et du profil (conduite automobile, grossesse, enfant).
2. Corticoïdes nasaux — efficacité supérieure sur la congestion
Les sprays à corticoïdes nasaux (fluticasone, béclométasone, mométasone, budésonide) agissent sur tous les symptômes nasaux : rhinorrhée, obstruction, éternuements et prurit. Selon une méta-analyse Cochrane (2012, 53 études, n = 6 000), ils sont plus efficaces que les antihistaminiques seuls sur les symptômes nasaux en cas de rhinite allergique modérée à sévère.
Utilisation : commencer 2 semaines avant la saison, matin après le lavage nasal, 1 à 2 pulvérisations par narine/jour. Ne pas dépasser la dose recommandée (risque d’épistaxis, atrophie nasale à long terme).
Exemples : Avamys® (fluticasone furoate), Nasonex® (mométasone), Béconase® (béclométasone).
3. Lavage nasal au sérum physiologique — adjuvant indispensable
Le lavage nasal est recommandé par la HAS (2009) et la SPLF comme adjuvant systématique aux traitements médicamenteux. Son intérêt : éliminer mécaniquement les pollens déposés sur la muqueuse nasale avant qu’ils ne provoquent la réaction allergique.
Mode d’emploi :
- Utiliser un spray isotonique (0,9 % NaCl) ou légèrement hypertonique
- Effectuer le lavage avant d’appliquer le corticoïde nasal (meilleure pénétration)
- Fréquence : 1 à 2 fois par jour en période de pollinisation
- En cas d’exposition intense (après sortie, jardinage, balade) : lavage nasal dès le retour
Produit recommandé : Physiomer Jet Dynamique — spray eau de mer, disponible dès 3 ans, sans conservateur.
4. Désensibilisation (immunothérapie allergénique) — traitement curatif
La désensibilisation est le seul traitement qui agit sur la cause de l’allergie, pas seulement sur les symptômes. Elle consiste à administrer des doses croissantes d’allergènes pour reprogrammer la réponse immunitaire.
Deux voies sont disponibles en France :
- SLIT (voie sublinguale) : gouttes ou comprimés à placer sous la langue chaque matin. Produits remboursés SS 65 % : Actair® (Stallergènes), Oralair® (Stallergènes). Dès 5 ans.
- SCIT (injections sous-cutanées) : série d’injections en milieu médical sur 3 à 5 ans. Plus contraignant mais efficacité très documentée (Cochrane 2015, 52 études).
La désensibilisation est prescrite par un allergologue après bilan allergologique (prick-test + dosage IgE spécifiques). Elle est remboursée sur ordonnance et réduit durablement les symptômes 3 à 5 ans après l’arrêt du traitement.
Comparatif des traitements disponibles
| Traitement | Action | Délai d’action | Remboursement |
|---|---|---|---|
| Antihistaminiques oraux | Symptomatique | 1–2 h | Oui (sur ordonnance) |
| Corticoïdes nasaux | Symptomatique | 2–4 jours | Oui (sur ordonnance) |
| Lavage nasal | Mécanique (élimination pollen) | Immédiat | Non (automédication) |
| SLIT (comprimés) | Curatif | 3–6 mois (1ère saison) | Oui (65 % SS) |
| SCIT (injections) | Curatif | 3–6 mois (1ère saison) | Oui (65 % SS) |
Gestes complémentaires pour réduire l’exposition aux graminées
- Surveiller le bulletin pollinique local sur pollens.fr (Réseau National de Surveillance Aérobiologique — RNSA)
- Rester à l’intérieur aux heures de pic (tôt le matin et en fin d’après-midi par temps chaud et sec)
- Rincer les cheveux et changer de vêtements après une sortie en période de pollinisation
- Tenir les fenêtres fermées le matin (taux de pollen maximal) ; aérer en soirée
- Éviter de tondre la pelouse soi-même (ou porter un masque FFP2)
- En voiture : utiliser le filtre habitacle pollen et la recirculation d’air
Quand consulter un allergologue ?
Consultez un allergologue si :
- Les antihistaminiques en automédication ne contrôlent pas les symptômes
- Vous avez des symptômes asthmatiques (sifflement, essoufflement à l’effort)
- L’allergie retentit sur la qualité du sommeil ou les performances scolaires/professionnelles
- Vous souhaitez envisager une désensibilisation (la débuter en automne pour être prêt avant la saison suivante)
Retrouvez la liste des allergologues agréés sur Ameli.fr ou via le répertoire Société Française d’Allergologie.
FAQ — Traitement allergie aux graminées
Commencez par le lavage nasal — recommandé par la HAS en adjuvant à tous les traitements