En bref : Un nez cassé (fracture des os propres du nez) survient après un choc direct — sport, chute, accident. Les signes typiques sont une douleur vive, un gonflement rapide et parfois une déviation visible. Le réflexe immédiat : comprimer avec une compresse froide, ne pas redresser soi-même. La plupart des fractures simples guérissent sans chirurgie en 3 à 6 semaines. Un médecin ORL doit être consulté dans les 48 à 72 h pour évaluer si une réduction est nécessaire.
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Un coup de coude sur un terrain de sport, une chute de vélo, un accrochage en plongée : le nez est l’un des os les plus souvent fracturés du visage. En été, la fréquence augmente avec la pratique sportive. Bonne nouvelle : la majorité des fractures nasales se traitent sans chirurgie, à condition d’agir vite et de consulter au bon moment.
Qu’est-ce qu’une fracture du nez ?
Le nez est constitué des deux os propres du nez (deux petits os plats qui forment l’arête), du septum nasal (cloison cartilagineuse) et des cartilages latéraux. Lors d’un impact frontal ou latéral, ces structures peuvent se briser, se déplacer ou se combiner dans une fracture complexe.
On distingue trois grands types de fractures nasales selon la sévérité :
| Type | Description | Traitement typique |
|---|---|---|
| Fracture simple | Os déplacé sans atteinte septale ni cutanée | Réduction manuelle sous anesthésie locale (délai 5–10 j) |
| Fracture avec déviation septale | Cloison déplacée, obstruction nasale persistante | Réduction + septoplastie possible à 3 mois |
| Fracture ouverte / comminuée | Plaie cutanée, os en plusieurs fragments, impact violent | Chirurgie en urgence (reconstruction) |
Symptômes d’un nez cassé : comment reconnaître ?
Les symptômes apparaissent en quelques minutes à quelques heures après le choc. Ils comprennent :
- Douleur vive et localisée à l’arête du nez, amplifiée à la palpation
- Gonflement rapide (œdème) qui peut masquer une déviation initiale
- Ecchymoses péri-orbitaires : hématomes sous les deux yeux (« yeux de raton laveur ») dans les 24 à 48 h
- Nez qui saigne (épistaxis) au moment de l’impact — souvent transitoire
- Obstruction nasale d’un côté ou des deux côtés, rendant la respiration difficile
- Déformation visible de l’arête — parfois masquée par le gonflement dans les premières heures
- Crépitement au toucher (sensation de sable sous la peau) dans les fractures comminutives
⚠️ Appeler le 15 (SAMU) ou aller aux urgences immédiatement si : perte de connaissance au moment de l’impact, céphalées intenses, vomissements répétés (suspicion de traumatisme crânien), liquide clair qui coule du nez (liquide céphalo-rachidien), plaie cutanée profonde, ou saignement qui ne s’arrête pas après 20 minutes de compression.

Que faire immédiatement après un choc nasal ?
Les premières minutes sont décisives pour limiter l’œdème et faciliter l’évaluation médicale ultérieure. Voici le protocole recommandé :
🚑 Protocole immédiat — nez cassé
1. Ne pas toucher ni redresser
Toute tentative de remise en place sans anesthésie aggrave la fracture et provoque une douleur intense. Laisser la position telle quelle.
2. Comprimer avec du froid
Envelopper des glaçons dans un linge propre (jamais de glace directe sur la peau). Appliquer 15 à 20 minutes toutes les heures les premières 48 h. Cela réduit l’œdème et atténue la douleur.
3. Maintenir la tête penchée en avant
En cas de saignement, pencher la tête légèrement vers l’avant (jamais vers l’arrière — le sang coulerait dans la gorge) et comprimer les ailes du nez avec le pouce et l’index pendant 10 à 15 minutes.
4. Consulter dans les 48 à 72 heures
Le délai idéal pour une réduction manuelle est de 5 à 10 jours après le traumatisme : suffisamment tôt pour que les os soient encore mobiles, mais après réduction de l’œdème (qui rend l’évaluation difficile dans les premières 24 h).
Comment diagnostiquer une fracture nasale ?
Le diagnostic est avant tout clinique : un médecin ORL examine la déformation, la mobilité des os sous palpation, l’état du septum et la perméabilité nasale. L’imagerie est rarement nécessaire pour une fracture simple.
En pratique, les examens utilisés sont :
- Rhinoscopie antérieure : visualisation directe de l’intérieur des narines (état du septum, présence de sang)
- Radiographie standard de face et de profil : utilisée si doute ou suspicion de fracture complexe (mais peu sensible sur les petites fractures)
- Scanner (TDM facial) : indiqué si polytraumatisme, fracture de l’orbite associée ou blessure grave — fournit une cartographie 3D précise

Traitements d’un nez cassé
Le traitement dépend du type de fracture, du délai de prise en charge et du degré de déviation. Il existe trois grandes options :
1. Surveillance simple : pour les fractures sans déformation visible ni obstruction respiratoire. Antalgiques (paracétamol, ibuprofène), glace, repos. Cicatrisation naturelle en 3 à 6 semaines.
2. Réduction manuelle sous anesthésie locale ou générale : pratiquée dans les 5 à 10 jours suivant le traumatisme, quand le gonflement a diminué mais que les os sont encore réductibles. L’ORL remplace les fragments osseux en position anatomique. Immobilisation par attelle plâtrée ou thermoplastique pendant 7 à 10 jours.
3. Chirurgie différée : si une déviation septale persiste après cicatrisation (obstruction chronique, ronflements), une septoplastie peut être envisagée à partir de 3 mois après le traumatisme.
💡 Astuce pratique : Dans les 10 premiers jours, un lavage nasal quotidien avec du sérum isotonique (Stérimar ou Physiomer) aide à éliminer les caillots, réduire l’œdème muqueux et prévenir une sinusite post-traumatique. Selon la SFORL (2021), le lavage salin réduit le temps de congestion nasale après traumatisme de 20 à 30 %. Utiliser en position penchée en avant, sans forcer la pression.
À éviter : les sprays décongestionnants vasoconstricteurs (xylométazoline, oxymétazoline) au-delà de 3 jours — ils créent une rhinite médicamenteuse de rebond qui aggrave l’obstruction. Préférer le lavage salin en première intention.
Pour aller plus loin
- Saignement de nez : que faire et quand consulter
- Septoplastie : chirurgie de la cloison nasale
- Rhinite médicamenteuse : éviter l’effet rebond des sprays
- Sinusite aiguë : symptômes et traitements
- Tout sur le lavage de nez pour adultes
FAQ — Nez cassé : vos questions fréquentes
Comment savoir si mon nez est vraiment cassé ou juste douloureux ?
Un nez « juste douloureux » reste symétrique et sans gonflement rapide. Une fracture se signale par une douleur à la palpation de l’arête osseuse, un gonflement qui s’installe en moins d’une heure, parfois une déformation visible et des ecchymoses sous les yeux. En cas de doute, consultez un médecin dans les 48 h : c’est le seul moyen d’être sûr, car le gonflement initial peut masquer la déviation.
Peut-on remettre soi-même un nez cassé en place ?
Non, absolument pas. Toute tentative de réduction sans anesthésie expose à une douleur intense, un risque de blessure des structures voisines (cartilages, cloison, vaisseaux) et une aggravation de la fracture. La réduction est un geste médical réalisé par un ORL, sous anesthésie locale ou générale, idéalement entre J+5 et J+10.
Combien de temps faut-il pour qu’un nez cassé guérisse ?
Pour une fracture simple sans chirurgie, la consolidation osseuse prend 4 à 6 semaines. Le gonflement externe disparaît en 2 à 3 semaines. La douleur s’atténue généralement en 7 à 10 jours avec des antalgiques adaptés. En cas de chirurgie, la récupération fonctionnelle complète peut nécessiter 6 à 12 semaines, selon l’étendue de l’intervention.
Peut-on continuer le sport après une fracture nasale ?
Pas immédiatement. Il faut attendre minimum 4 semaines avant de reprendre les sports de contact (rugby, foot, arts martiaux, boxe). Les sports sans contact (natation, vélo, course à pied) peuvent être repris plus tôt, après avis médical. Pour les sports de combat, un masque de protection nasale est recommandé lors de la reprise pendant 6 semaines supplémentaires.
Une fracture du nez non traitée a-t-elle des conséquences ?
Oui. Sans prise en charge dans les 10 jours, les os se consolident en mauvaise position. Les conséquences possibles sont : déviation de la cloison nasale (obstruction respiratoire chronique), sinusites chroniques répétées, ronflements, et déformation esthétique permanente de l’arête. Une septoplastie correctrice reste possible à partir de 3 mois, mais elle est plus complexe qu’une réduction précoce.
Le lavage de nez est-il utile après une fracture nasale ?
Oui, à condition de le faire doucement. Le lavage au sérum physiologique isotonique (Stérimar, Physiomer) aide à éliminer les croûtes de sang, réduire l’inflammation muqueuse et prévenir les surinfections. La SFORL recommande 1 à 3 lavages par jour après tout traumatisme nasal. Éviter les irrigations en pression forte les 5 premiers jours ; préférer un spray doux ou le rinçage par écoulement gravitaire.